| L'enfant clandestin |
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Le nouveau-né, elle l'enroule Du papier du journal d'hier " Qu'il reste un esclave ou qu'il devienne roi mais que jamais je ne le revoie. ". Il est venu là dans la cuisine Sa voix forte a franchi l'escalier Et dans tout le bourg déjà on devine Hier matin est né un clandestin. Il est venu dans les cuisines Et tout le bourg le sait déjà Qu'hier est né comme on le devine Un enfant que personne n'a vu. " Debout la femme et dites-moi qu'avez-vous fait de l'enfant d'hier l'enfant qui pleurait ce matin dans vos bras et que jamais personne ne voit. ". " Laissez entrer dans la foule mon enfant qui s'en va loin de moi qu'il reste un esclave ou qu'il devienne roi mais que jamais je ne le revoie. ". Debout la femme vous m'accompagnerez Dans le bourg nous irons marcher Lavez vos mains, cirez vos souliers Et enlevez-moi ce tablier. Elle a jeté son vieux tablier Dans le bourg on la voit déjà Droite et dressée dans une robe taillée Dans des rideaux de cuisine oubliés. Les travaux de nuit sont bien monotones Et parfois elle coiffe sa patronne Elle pense à la nuit Quand l'enfant est parti Sur le fleuve et vers une autre vie. " Laissez entrer dans la foule mon enfant qui s'en va loin de moi qu'il reste un esclave ou qu'il devienne roi mais que jamais je ne le revoie. "
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